Sources et liens
http://zero.newassignment.net/filed/interview_directory
Tentative de définition courte
Tentative d'exploration longue
Copié collé
Le crowdsourcing ou la gestion du contenu du site par les internautes
Le crowdsourcing (traduit « approvisionnement par la foule ») est un néologisme conçu en 2006 par Jeff Howe et Mark Robinson, rédacteurs au Wired magazine, une revue californienne spécialisée sur l'incidence de la technologie dans les domaines de la culture, la politque et l'économie. Le crowdsourcing consiste à utiliser la créativité, l'intelligence et le savoir-faire d'un grand nombre d'internautes, pour développer de nouveaux produits et services.
Le crowdsourcing peut permettre à des entreprises ayant un faible budget, d'innover aussi bien sur des produits, services qu'elle propose, mais aussi changer son image de marque, sa campagne de communication sur son activité, etc.
Par cet article, vous découvrirez les enjeux du crowdsourcing, et quelques exemples d'application que l'on peut en faire.
Fonctionnement du crowdsourcing
Le crowdsourcing est en quelque sorte une réponse au phénomene de l'outsourcing, qui consistait à faire sous-traiter des produits et des services dans certains pays à faible coût de main d'oeuvre, tels que la Chine et l'Inde.
Le principe du crowdsourcing est simple :
étape 1 : créer un site communautaire qui propose des "missions" aux internautes, ou qui suggère le dépot d'idées, inventions, etc. Ceux-ci devront être originaux pour susciter un intérêt pour les internautes, pour des constructeurs, pour des clients potentiels, et même dans certains cas proposer une forme de rémunération à la clé.
étape 2 :chaque membre de la communauté dépose en ligne leurs créations, inventions ou idées de projets.
étape 3 : on procède à un vote pour élire l'idée, le produit ou le service le plus apprécié.
étape 4 :le projet élu passera ensuite au stade de production, puis à sa mise en vente. L'inventeur pourra alors dans certain cas, toucher une récompense.
Avec la mutualisation des ressources et compétences des internautes, les produits et services originaux n'auront pas générés de gros frais d'investissements aux recherches et développements, et seraient alors proposés à un prix très compétitif.
Les exemples
Crowdsourcing rémunérateur
Prenons par exemple le site internet www.wilogo.com . Wilogo, est un site qui met en concurrences des graphistes amateurs et professionnels pour la réalisation de logos pour les entreprises.
L'objectif est de permettre aux entreprises d'obtenir rapidement différents concepts de logos de qualité avec des variantes associées pour un prix abordable. En effet, certaines entreprises ne souhaitent pas, ou n'ont pas les moyens d'investir un budget important pour refaire leur logo. Sur le site de Wilogo, les entreprises déposent leurs demandes de logos et reçoivent dans un court délai les différentes propositions créées par les graphistes de la communauté.
Wilogo permet aux graphistes d'acquérir de nouveaux clients ou un complément de revenu. La compétitivité est un point fort du concept de Wilogo car tous les graphistes de la communauté peuvent donner leurs avis et commenter, noter, discuter avec les différents acteurs du site.
Wilogo rejoint ainsi la catégorie des plates-formes web communautaires de mise en concurrence, mais innove en proposant un service web 2.0 utile aux entreprises.
Crowdsourcing pour vocaliser Wikipedia
http://www.lavoixdusavoir.com
Le projet principal est de faire appel à des internautes pour créer des fichiers audio à partir de documents issus de Wikipedia, l'encyclopédie connue pour ses articles créés par les internautes.
La voix du savoir ne récompense pas les internautes, mais propose un site dont le but est original.
Une start-up qui utilise le crowdsourcing
http://www.cambrianhouse.com
Cambrian House développe des logiciels open source rémunérateurs. Son rôle est en quelque sorte d'être un incubateur de "crowdsourced software" : découvrir, concrétiser et commercialiser des logiciels en exploitant l'intelligence collective et le modèle participatif. Le principe est simple : vous avez une idée de projet ? Publiez là sur le site http://www.cambrianhouse.com . Ensuite, les membres de la communauté évaluent cette idée de projet, et si la note obtenue dépasse un certain seuil, l'idée du projet est mis en ligne sur un site web, pour être testée pendant 3 à 6 semaines. Lorsque celle-ci rencontre suffisamment de succès auprès des internautes, Cambrian House donne une prime pour que les développeurs, designers et autres membres de la communauté, concrétisent le projet en logiciel ou en service en ligne.
Une fois le produit finalisé, la start-up se charge de le commercialiser, et les revenus seront redistribués entre tous les intervenants du projet.
Un exemple de projet concrétisé par Cambrian House : Prezzle http://www.prezzle.com/ , un site qui permet d'envoyer un chèque cadeau dans un paquet virtuel qui ne pourra être ouvert qu'à une date définie par l'expéditeur.
Dans le cas ou l'idée proposée n'a pas été choisie, la start-up reverse l'intégralité des revenus à l'auteur, qui pourra ensuite rechercher sur le site de Cambrian House des personnes susceptibles de l'aider à réaliser son projet.
Autres liens :
1.http://www.istockphoto.com/index.php
Photothèque ayant la plus grande collection d’images libres de droits, générées par des membres, aux meilleurs prix au monde.
http://www.innocentive.com/
Site internet qui fait appel à des milliers de chercheurs, afin de mettre au point de nouveaux médicaments.
http://www.look-zippy.com/fr
Site de vente de t-shirts originaux, dont les motifs sont créés par la communauté, puis notés pour financer la production des plus appréciés.
http://www.crowdspirit.org/
Site qui propose de tester l’horloge du futur en version virtuelle sur sa page d’accueil Google avant de lancer la production de la véritable horloge.
Start-up + Crowdsourcing = Cambrian House
Posté le 19 juillet 2006 dans Web 2.0 (16 commentaires)
Le crowdsourcing, vous connaissez ? Mais si enfin, c'est le principe d'utiliser le temps disponible des gens pour créer du contenu, résoudre des problèmes, voire même faire de la R&D. Wired et InternetActu ont à ce sujet publié deux très bons articles :
The Rise of Crowdsourcing ;
La montée du "crowdsourcing".
Je viens de découvrir une initiative remarquable qui exploite le filon du crowdsourcing mais adapté à l'incubation de start-up : Cambrian House. Ils se décrivent comme un incubateur de crowdsourced software dont la mission est de découvrir, concrétiser et commercialiser des logiciels en exploitant l'intelligence collective et le modèle participatif.
Le principe est le suivant :
2.vous avez une idée
3.vous publiez cette idée sur le site
4.les utilisateurs notent cette idée
5.si votre idée dépasse un seuil de bonnes notes, elle est approuvée
6.l'incubateur propose alors une prime pour que la communauté des développeurs la concrétise
7.une fois votre idée transformée en logiciel ou en service en ligne, l'incubateur se charge de la commercialiser
8.les revenus générés sont alors redistribués entre tous les intervenants
Vous l'aurez compris, nous sommes à mi-chemin entre La Fraise, Top Coder et Innocentive. Pour avoir une vision plus claire, je vous recommande leur petite animation explicative : How it Works.
Et si vous avez 5 minutes en plus, je vous recommande également la visite guidée complètement délirante de leurs locaux : Take a Tour (ils sont fous ces anglais !).
En tout cas je trouve ce genre d'initiative réellement remarquable et surtout révélatrice du réel potentiel du web 2.0 : des modèles participatifs avec redistribution des revenus. Nous sommes ici bien loin des poncifs du type : “le web 2.0 j'y crois pas parce qu'Ajax ça existe depuis 5 ans”.
Je sais que je pèche parfois par mon optimisme, mais ce genre d'exemple (et il y en a beaucoup d'autres) me confirme la viabilité des concepts collaboratifs autour du web 2.0, n'en déplaise aux sceptiques !
16 commentaires - aucun trackback - Mots-clés : espace collaboratif, web 2.0
Commentaires
1. Le 19 juillet 2006 à 13:56, par Jérémie
“ce genre d'exemple (et il y en a beaucoup d'autres) me confirme la viabilité des concepts collaboratifs autour du web 2.0, n'en déplaise aux sceptiques !”
Encore faudrait-il que ce genre de concept soit spécifiquement lié au ouaibe deux zéro, et ça implique de définir ce “machin”. Et ce dernier point n'est pas vraiment gagné.
L'idée en question peut être raisonnablement nouvelle, mais je me demande… si j'ai une idée nouvelle liée au web en ce moment (2006), est-ce une idée “ouaibe deux zéro” ?
2. Le 19 juillet 2006 à 14:17, par Fred C.
Si ton idée est fondée sur un modèle participatif (intelligence collective, plateforme collaborative ou ré-intermédiation) avec de la redistribution de revenus alors oui, tu peux l'estampiller "Web 2.0". Même s'il n'y a pas d'Ajax dedans !
/Fred
3. Le 19 juillet 2006 à 14:20, par JB Boisseau
Une idée géniale… une vraie !
Pour les sceptiques du web 2.0, je conseille une petite visite chez wikipedia ou chez M. O'Reilly qui leur donneront une vraie bonne définition de ce terme un peu fourre-tout.
4. Le 19 juillet 2006 à 15:17, par Mousso
Y a vraiment des gens qui ont des idées extraordinaires… Mince, mais qu'attends-je ?
5. Le 19 juillet 2006 à 15:35, par Fred C.
En tu cas si tu as une bonne idée Mousso, tu sais maintenant où la faire fructifier !
/Fred
6. Le 19 juillet 2006 à 15:36, par Eric - SuperFiction
Peu importe qu'il y ait l'estampille 2.0, 3.0 ou 4.0…
Peu importe que ce soit fait en Ajax ou avec une autre techno…
La technologie n'est intéressante que lorsque l'on s'en sert correctement. Et là, le concept intéressant de Cambrian House permet d'utiliser des technologies de façon intelligentes pour faire accoucher des idées et pour éventuellement les commercialiser.
C'est donc plutôt prometteur, mais maintenant, on attend la suite avec impatience !!!
Mais le système de vote avec "les bonnes notes" me fait quelque peu douter : est-ce que les projets intéressants d'aujourd'hui étaient considérés comme "prometteurs" à l'époque où ils ont été proposés par leurs auteurs ?
PS : tu as raison Fred, ils sont vraiment fous ces anglais ! Demandez à la Reine…
7. Le 19 juillet 2006 à 15:38, par Jérôme
C'est ce genre de concept que l'on essaye de lancer avec Wilogo. A voir si les entreprises sont prêtes à utiliser ce type de service qui change un peu leurs habitudes. En tout cas c'est passionnant à vivre de l'interieur…
8. Le 19 juillet 2006 à 16:12, par Jérémie
Usenet est ouaibe deux zéro…
'tain, je vais pouvoir mettre 10 ans d'expérience du ouaibe deux zéro sur mon cv… la classe !!
9. Le 19 juillet 2006 à 17:27, par Elie
Encore une fois, et même si je fais partie des sceptiques, le concept de Web 2.0 est absolument redoutable pour ce qu'il permet de faire. C'est un exemple parfait de nom "pas parfait", qui permet d'accoucher d'idées géniales. En voici sans doute encore une.
La notion de Web 2.0 me fait penser à certains objets mathématiques (des nombres ou ensembles de nombres, par exemple) qui n'ont aucune réalité concrète , et qui permettent de résoudre des problèmes mathématiques et physiques impossibles à traiter si on ne les avait pas ;-)
10. Le 20 juillet 2006 à 09:07, par Fred C.
Tout à fait Elie. Je dirais même plus, si l'on devait mettre à la poubelle tous les concepts un peu complexes à expliquer, l'art moderne et la physique quantique subiraient le même sort que le web 2.0 : “c'est que du bla-bla marketing”.
/Fred
11. Le 20 juillet 2006 à 14:56, par Hubert Guillaud
Si je peux me permettre, un trackback aurait été bienvenue.
12. Le 20 juillet 2006 à 17:48, par Hubert Guillaud
merci. ;-)
13. Le 21 juillet 2006 à 20:25, par JF Ruiz
J'ai bien aimé ce site car c'est exactement ce que nous sommes en train de faire au niveau de la communautée MDPL. Pour le moment nous n'avons pas réussi à exprimer aussi bien le concept de crowdsourcing qu'eux et nous n'avons pas mis en place les outils de vote en frontal comme eux mais je pense en effet que ce concept est viable.
Après quelques mois d'expérimentations, nous avons démarré deux projets sympathique sur ce mode de fonctionnement.
Le premier c'est La Voix du Savoir : www.lavoixdusavoir.org Le second c'est le Wiki web 2.0 francophone : www.web2fr.com Un troisième est en préparation grace au soutien des personnes qui s'investissent dans la communautée de part leur idées et soutien financier…
Seulement ce système de Crowdsourcing nécessite de la confiance et des partenaires viable dans l'execution. Hors on ne peut s'entendre avec tout le monde et a mon avis il faut savoir accorder et s'accorder pour mener à bien ce genre de projet.
Donc si vous êtes aussi convaincu par ce système "d'entreprenariat collectif" et que vous avez des idées n'hésitez pas à nous contacter. Voici à peu pres un résumé vidéo de la philosophie qui nous inspire et qu'ils ont bien illustré : http://www.cambrianhouse.com/how-it-works/
Pour en savoir plus vous avez le blog de la communautée France : http://blog.fr.milliondollarpodcastlive.com.
14. Le 24 juillet 2006 à 18:26, par jo
je conseille vivement a tout les optimistes ici présents de lire attentivement tous les comments e l'article http://www.internetactu.net/?p=6470 "La montée du "crowdsourcing" pour découvrir un peu le cote "obscur de la force" ;-) histoire de se préparer pour l'avenir …
15. Le 22 août 2006 à 16:58, par Pierre / Citronjaune
“le web 2.0 j'y crois pas parce qu'Ajax ça existe depuis 5 ans” No comment…
16. Le 28 août 2006 à 23:16, par Ventus
Bonjour a tous,
faites un saut sur le blog http://cecrowdsourcing.blogspot.com/ ou vous pourrez suivre en direct la premiere initiative de crowdsourcing visant a designer et commercialiser des produits electroniques. Vous pouvez deja rejoindre le communaute. Le principe est similaire a "cambrianhouse" et une fois n'est pas coutume, l'initiative est francaise.
The Rise of Crowdsourcing
Remember outsourcing? Sending jobs to India and China is so 2003. The new pool of cheap labor: everyday people using their spare cycles to create content, solve problems, even do corporate R & D.
By Jeff Howe
Claudia Menashe needed pictures of sick people. A project director at the National Health Museum in Washington, DC, Menashe was putting together a series of interactive kiosks devoted to potential pandemics like the avian flu. An exhibition designer had created a plan for the kiosk itself, but now Menashe was looking for images to accompany the text. Rather than hire a photographer to take shots of people suffering from the flu, Menashe decided to use preexisting images – stock photography, as it’s known in the publishing industry.
In October 2004, she ran across a stock photo collection by Mark Harmel, a freelance photographer living in Manhattan Beach, California. Harmel, whose wife is a doctor, specializes in images related to the health care industry. “Claudia wanted people sneezing, getting immunized, that sort of thing,” recalls Harmel, a slight, soft-spoken 52-year-old.
The National Health Museum has grand plans to occupy a spot on the National Mall in Washington by 2012, but for now it’s a fledgling institution with little money. “They were on a tight budget, so I charged them my nonprofit rate,” says Harmel, who works out of a cozy but crowded office in the back of the house he shares with his wife and stepson. He offered the museum a generous discount: $100 to $150 per photograph. “That’s about half of what a corporate client would pay,” he says. Menashe was interested in about four shots, so for Harmel, this could be a sale worth $600.
After several weeks of back-and-forth, Menashe emailed Harmel to say that, regretfully, the deal was off. “I discovered a stock photo site called iStockphoto,” she wrote, “which has images at very affordable prices.” That was an understatement. The same day, Menashe licensed 56 pictures through iStockphoto – for about $1 each.
iStockphoto, which grew out of a free image-sharing exchange used by a group of graphic designers, had undercut Harmel by more than 99 percent. How? By creating a marketplace for the work of amateur photographers – homemakers, students, engineers, dancers. There are now about 22,000 contributors to the site, which charges between $1 and $5 per basic image. (Very large, high-resolution pictures can cost up to $40.) Unlike professionals, iStockers don’t need to clear $130,000 a year from their photos just to break even; an extra $130 does just fine. “I negotiate my rate all the time,” Harmel says. “But how can I compete with a dollar?”
He can’t, of course. For Harmel, the harsh economics lesson was clear: The product Harmel offers is no longer scarce. Professional-grade cameras now cost less than $1,000. With a computer and a copy of Photoshop, even entry-level enthusiasts can create photographs rivaling those by professionals like Harmel. Add the Internet and powerful search technology, and sharing these images with the world becomes simple.
At first, the stock industry aligned itself against iStockphoto and other so-called microstock agencies like ShutterStock and Dreamstime. Then, in February, Getty Images, the largest agency by far with more than 30 percent of the global market, purchased iStockphoto for $50 million. “If someone’s going to cannibalize your business, better it be one of your other businesses,” says Getty CEO Jonathan Klein. iStockphoto’s revenue is growing by about 14 percent a month and the service is on track to license about 10 million images in 2006 – several times what Getty’s more expensive stock agencies will sell. iStockphoto’s clients now include bulk photo purchasers like IBM and United Way, as well as the small design firms once forced to go to big stock houses. “I was using Corbis and Getty, and the image fees came out of my design fees, which kept my margin low,” notes one UK designer in an email to the company. “iStockphoto’s micro-payment system has allowed me to increase my profit margin.” Welcome to the age of the crowd. Just as distributed computing projects like UC Berkeley’s SETI@home have tapped the unused processing power of millions of individual computers, so distributed labor networks are using the Internet to exploit the spare processing power of millions of human brains. The open source software movement proved that a network of passionate, geeky volunteers could write code just as well as the highly paid developers at Microsoft or Sun Microsystems. Wikipedia showed that the model could be used to create a sprawling and surprisingly comprehensive online encyclopedia. And companies like eBay and MySpace have built profitable businesses that couldn’t exist without the contributions of users.
All these companies grew up in the Internet age and were designed to take advantage of the networked world. But now the productive potential of millions of plugged-in enthusiasts is attracting the attention of old-line businesses, too. For the last decade or so, companies have been looking overseas, to India or China, for cheap labor. But now it doesn’t matter where the laborers are – they might be down the block, they might be in Indonesia – as long as they are connected to the network.
Technological advances in everything from product design software to digital video cameras are breaking down the cost barriers that once separated amateurs from professionals. Hobbyists, part-timers, and dabblers suddenly have a market for their efforts, as smart companies in industries as disparate as pharmaceuticals and television discover ways to tap the latent talent of the crowd. The labor isn’t always free, but it costs a lot less than paying traditional employees. It’s not outsourcing; it’s crowdsourcing.
It took a while for Harmel to recognize what was happening. “When the National Health Museum called, I’d never heard of iStockphoto,” he says. “But now, I see it as the first hole in the dike.” In 2000, Harmel made roughly $69,000 from a portfolio of 100 stock photographs, a tidy addition to what he earned from commissioned work. Last year his stock business generated less money – $59,000 – from more than 1,000 photos. That’s quite a bit more work for less money.
Harmel isn’t the only photographer feeling the pinch. Last summer, there was a flurry of complaints on the Stock Artists Alliance online forum. “People were noticing a significant decline in returns on their stock portfolios,” Harmel says. “I can’t point to iStockphoto and say it’s the culprit, but it has definitely put downward pressure on prices.” As a result, he has decided to shift the focus of his business to assignment work. “I just don’t see much of a future for professional stock photography,” he says.
2. The Packager
“Is that even a real horse? It looks like it doesn’t have any legs,” says Michael Hirschorn, executive vice president of original programming and production at VH1 and a creator of the cable channel’s hit show Web Junk 20. The program features the 20 most popular videos making the rounds online in any given week. Hirschorn and the rest of the show’s staff are gathered in the artificial twilight of a VH1 editing room, reviewing their final show of the season. The horse in question is named Patches, and it’s sitting in the passenger seat of a convertible at a McDonald’s drive-through window. The driver orders a cheeseburger for Patches. “Oh, he’s definitely real,” a producer replies. “We’ve got footage of him drinking beer.” The crew breaks into laughter, and Hirschorn asks why they’re not using that footage. “Standards didn’t like it,” a producer replies. Standards – aka Standards and Practices, the people who decide whether a show violates the bounds of taste and decency – had no such problem with Elvis the Robocat or the footage of a bicycle racer being attacked by spectators and thrown violently from a bridge. Web Junk 20 brings viewers all that and more, several times a week. In the new, democratic age of entertainment by the masses, for the masses, stupid pet tricks figure prominently.
The show was the first regular program to repackage the Internet’s funniest home videos, but it won’t be the last. In February, Bravo launched a series called Outrageous and Contagious: Viral Videos, and USA Network has a similar effort in the works. The E! series The Soup has a segment called “Cybersmack,” and NBC has a pilot in development hosted by Carson Daly called Carson Daly’s Cyberhood, which will attempt to bring beer-drinking farm animals to the much larger audiences of network TV. Al Gore’s Current TV is placing the most faith in the model: More than 30 percent of its programming consists of material submitted by viewers.
Viral videos are a perfect fit for VH1, which knows how to repurpose content to make compelling TV on a budget. The channel reinvented itself in 1996 as a purveyor of tawdry nostalgia with Pop-Up Video and perfected the form six years later with I Love the 80s. “That show was a good model because it got great ratings, and we licensed the clips” – quick hits from such cultural touchstones as The A-Team and Fatal Attraction – “on the cheap,” Hirschorn says. (Full disclosure: I once worked for Hirschorn at Inside.com.) But the C-list celebrity set soon caught on to VH1’s searing brand of ridicule. “It started to get more difficult to license the clips,” says Hirschorn, who has the manner of a laid-back English professor. “And we’re spending more money now to get them, as our ratings have improved.”
But Hirschorn knew of a source for even more affordable clips. He had been watching the growth of video on the Internet and figured there had to be a way to build a show around it. “I knew we offered something YouTube couldn’t: television,” he says. “Everyone wants to be on TV.” At about the same time, VH1’s parent company, Viacom, purchased iFilm – a popular repository of video clips – for $49 million. Just like that, Hirschorn had access to a massive supply of viral videos. And because iFilm already ranks videos by popularity, the service came with an infrastructure for separating the gold from the god-awful. The model’s most winning quality, as Hirschorn readily admits, is that it’s “incredibly cheap” – cheaper by far than anything else VH1 produces, which is to say, cheaper than almost anything else on television. A single 30-minute episode costs somewhere in the mid-five figures – about a tenth of what the channel pays to produce so noTORIous, a scripted comedy featuring Tori Spelling that premiered in April. And if the model works on a network show like Carson Daly’s Cyberhood, the savings will be much greater: The average half hour of network TV comedy now costs nearly $1 million to produce.
Web Junk 20 premiered in January, and ratings quickly exceeded even Hirschorn’s expectations. In its first season, the show is averaging a respectable half-million viewers in the desirable 18-to-49 age group, which Hirschorn says is up more than 40 percent from the same Friday-night time slot last year. The numbers helped persuade the network to bring Web Junk 20 back for another season.
Hirschorn thinks the crowd will be a crucial component of TV 2.0. “I can imagine a time when all of our shows will have a user-generated component,” he says. The channel recently launched Air to the Throne, an online air guitar contest, in which viewers serve as both talent pool and jury. The winners will be featured during the VH1 Rock Honors show premiering May 31. Even VH1’s anchor program, Best Week Ever, is including clips created by viewers.
But can the crowd produce enough content to support an array of shows over many years? It’s something Brian Graden, president of entertainment for MTV Music Networks Group, is concerned about. “We decided not to do 52 weeks a year of Web Junk, because we don’t want to burn the thing,” he says. Rather than relying exclusively on the supply of viral clips, Hirschorn has experimented with soliciting viewers to create videos expressly for Web Junk 20. Early results have been mixed. Viewers sent in nearly 12,000 videos for the Show Us Your Junk contest. “The response rate was fantastic,” says Hirschorn as he and other staffers sit in the editing room. But, he adds, “almost all of them were complete crap.”
Choosing the winners, in other words, was not so difficult. “We had about 20 finalists.” But Hirschorn remains confident that as user-generated TV matures, the users will become more proficient and the networks better at ferreting out the best of the best. The sheer force of consumer behavior is on his side. Late last year the Pew Internet & American Life Project released a study revealing that 57 percent of 12- to 17-year-olds online – 12 million individuals – are creating content of some sort and posting it to the Web. “Even if the signal-to-noise ratio never improves – which I think it will, by the way – that’s an awful lot of good material,” Hirschorn says. “I’m confident that in the end, individual pieces will fail but the model will succeed.”
3. The Tinkerer
The future of corporate R&D can be found above Kelly’s Auto Body on Shanty Bay Road in Barrie, Ontario. This is where Ed Melcarek, 57, keeps his “weekend crash pad,” a one-bedroom apartment littered with amplifiers, a guitar, electrical transducers, two desktop computers, a trumpet, half of a pontoon boat, and enough electric gizmos to stock a RadioShack. On most Saturdays, Melcarek comes in, pours himself a St. Remy, lights a Player cigarette, and attacks problems that have stumped some of the best corporate scientists at Fortune 100 companies.
Not everyone in the crowd wants to make silly videos. Some have the kind of scientific talent and expertise that corporate America is now finding a way to tap. In the process, forward-thinking companies are changing the face of R&D. Exit the white lab coats; enter Melcarek – one of over 90,000 “solvers” who make up the network of scientists on InnoCentive, the research world’s version of iStockphoto.
Pharmaceutical maker Eli Lilly funded InnoCentive’s launch in 2001 as a way to connect with brainpower outside the company – people who could help develop drugs and speed them to market. From the outset, InnoCentive threw open the doors to other firms eager to access the network’s trove of ad hoc experts. Companies like Boeing, DuPont, and Procter & Gamble now post their most ornery scientific problems on InnoCentive’s Web site; anyone on InnoCentive’s network can take a shot at cracking them.
The companies – or seekers, in InnoCentive parlance – pay solvers anywhere from $10,000 to $100,000 per solution. (They also pay InnoCentive a fee to participate.) Jill Panetta, InnoCentive’s chief scientific officer, says more than 30 percent of the problems posted on the site have been cracked, “which is 30 percent more than would have been solved using a traditional, in-house approach.”
The solvers are not who you might expect. Many are hobbyists working from their proverbial garage, like the University of Dallas undergrad who came up with a chemical to use inart restoration, or the Cary, North Carolina, patent lawyer who devised a novel way to mix large batches of chemical compounds.
This shouldn’t be surprising, notes Karim Lakhani, a lecturer in technology and innovation at MIT, who has studied InnoCentive. “The strength of a network like InnoCentive’s is exactly the diversity of intellectual background,” he says. Lakhani and his three coauthors surveyed 166 problems posted to InnoCentive from 26 different firms. “We actually found the odds of a solver’s success increased in fields in which they had no formal expertise,” Lakhani says. He has put his finger on a central tenet of network theory, what pioneering sociologist Mark Granovetter describes as “the strength of weak ties.” The most efficient networks are those that link to the broadest range of information, knowledge, and experience.
Which helps explain how Melcarek solved a problem that stumped the in-house researchers at Colgate-Palmolive. The giant packaged goods company needed a way to inject fluoride powder into a toothpaste tube without it dispersing into the surrounding air. Melcarek knew he had a solution by the time he’d finished reading the challenge: Impart an electric charge to the powder while grounding the tube. The positively charged fluoride particles would be attracted to the tube without any significant dispersion.
“It was really a very simple solution,” says Melcarek. Why hadn’t Colgate thought of it? “They’re probably test tube guys without any training in physics.” Melcarek earned $25,000 for his efforts. Paying Colgate-Palmolive’s R&D staff to produce the same solution could have cost several times that amount – if they even solved it at all. Melcarek says he was elated to win. “These are rocket-science challenges,” he says. “It really reinforced my confidence in what I can do.”
Melcarek, who favors thick sweaters and a floppy fishing hat, has charted an unconventional course through the sciences. He spent four years earning his master’s degree at the world-class particle accelerator in Vancouver, British Columbia, but decided against pursuing a PhD. “I had an offer from the private sector,” he says, then pauses. “I really needed the money.” A succession of “unsatisfying” engineering jobs followed, none of which fully exploited Melcarek’s scientific training or his need to tinker. “I’m not at my best in a 9-to-5 environment,” he says. Working sporadically, he has designed products like heating vents and industrial spray-painting robots. Not every quick and curious intellect can land a plum research post at a university or privately funded lab. Some must make HVAC systems.
For Melcarek, InnoCentive has been a ticket out of this scientific backwater. For the past three years, he has logged onto the network’s Web site a few times a week to look at new problems, called challenges. They are categorized as either chemistry or biology problems. Melcarek has formal training in neither discipline, but he quickly realized this didn’t hinder him when it came to chemistry. “I saw that a lot of the chemistry challenges could be solved using electromechanical processes I was familiar with from particle physics,” he says. “If I don’t know what to do after 30 minutes of brainstorming, I give up.” Besides the fluoride injection challenge, Melcarek also successfully came up with a method for purifying silicone-based solvents. That challenge paid $10,000. Other Melcarek solutions have been close runners-up, and he currently has two more up for consideration. “Not bad for a few weeks’ work,” he says with a chuckle.
It’s also not a bad deal for the companies that can turn to the crowd to help curb the rising cost of corporate research. “Everyone I talk to is facing a similar issue in regards to R&D,” says Larry Huston, Procter & Gamble’s vice president of innovation and knowledge. “Every year research budgets increase at a faster rate than sales. The current R&D model is broken.”
Huston has presided over a remarkable about-face at P&G, a company whose corporate culture was once so insular it became known as “the Kremlin on the Ohio.” By 2000, the company’s research costs were climbing, while sales remained flat. The stock price fell by more than half, and Huston led an effort to reinvent the way the company came up with new products. Rather than cut P&G’s sizable in-house R&D department (which currently employs 9,000 people), he decided to change the way they worked.
Seeing that the company’s most successful products were a result of collaboration between different divisions, Huston figured that even more cross-pollination would be a good thing. Meanwhile, P&G had set a goal of increasing the number of innovations acquired from outside its walls from 15 percent to 50 percent. Six years later, critical components of more than 35 percent of the company’s initiatives were generated outside P&G. As a result, Huston says, R&D productivity is up 60 percent, and the stock has returned to five-year highs. “It has changed how we define the organ-ization,” he says. “We have 9,000 people on our R&D staff and up to 1.5 million researchers working through our external networks. The line between the two is hard to draw.”
P&G is one of InnoCentive’s earliest and best customers, but the company works with other crowdsourcing networks as well. YourEncore, for example, allows companies to find and hire retired scientists for one-off assignments. NineSigma is an online marketplace for innovations, matching seeker companies with solvers in a marketplace similar to InnoCentive. “People mistake this for outsourcing, which it most definitely is not,” Huston says. “Outsourcing is when I hire someone to perform a service and they do it and that’s the end of the relationship. That’s not much different from the way employment has worked throughout the ages. We’re talking about bringing people in from outside and involving them in this broadly creative, collaborative process. That’s a whole new paradigm.”
4. The Masses
In the late 1760s, a Hungarian nobleman named Wolfgang von Kempelen built the first machine capable of beating a human at chess. Called the Turk, von Kempelen’s automaton consisted of a small wooden cabinet, a chessboard, and the torso of a turbaned mannequin. The Turk toured Europe to great acclaim, even besting such luminaries as Benjamin Franklin and Napoleon. It was, of course, a hoax. The cabinet hid a flesh-and-blood chess master. The Turk was a fancy-looking piece of technology that was really powered by human intelligence. Which explains why Amazon.com has named its new crowdsourcing engine after von Kempelen’s contraption. Amazon Mechanical Turk is a Web-based marketplace that helps companies find people to perform tasks computers are generally lousy at – identifying items in a photograph, skimming real estate documents to find identifying information, writing short product descriptions, transcribing podcasts. Amazon calls the tasks HITs (human intelligence tasks); they’re designed to require very little time, and consequently they offer very little compensation – most from a few cents to a few dollars.
InnoCentive and iStockphoto are labor markets for specialized talents, but just about anyone possessing basic literacy can find something to do on Mechanical Turk. It’s crowdsourcing for the masses. So far, the program has a mixed track record: After an initial burst of activity, the amount of work available from requesters – companies offering work on the site – has dropped significantly. “It’s gotten a little gimpy,” says Alan Hatcher, founder of Turker Nation, a community forum. “No one’s come up with the killer app yet.” And not all of the Turkers are human: Some would-be workers use software as a shortcut to complete the tasks, but the quality suffers. “I think half of the people signed up are trying to pull a scam,” says one requester who asked not to be identified. “There really needs to be a way to kick people off the island.”
Peter Cohen, the program’s director, acknowledges that Mechanical Turk, launched in beta in November, is a work in progress. (Amazon refuses to give a date for its official launch.) “This is a very new idea, and it’s going to take some time for people to wrap their heads around it,” Cohen says. “We’re at the tippy-top of the iceberg.”
A few companies, however, are already taking full advantage of the Turkers. Sunny Gupta runs a software company called iConclude just outside Seattle. The firm creates programs that streamline tech support tasks for large companies, like Alaska Airlines. The basic unit of iConclude’s product is the repair flow, a set of steps a tech support worker should take to resolve a problem.
Most problems that iConclude’s software addresses aren’t complicated or time-consuming, Gupta explains. But only people with experience in Java and Microsoft systems have the knowledge required to write these repair flows. Finding and hiring them is a big and expensive challenge. “We had been outsourcing the writing of our repair flows to a firm in Boise, Idaho,” he says from a small office overlooking a Tully’s Coffee. “We were paying $2,000 for each one.”
As soon as Gupta heard about Mechanical Turk, he suspected he could use it to find people with the sort of tech support background he needed. After a couple of test runs, iConclude was able to identify about 80 qualified Turkers, all of whom were eager to work on iConclude’s HITs. “Two of them had quit their jobs to raise their kids,” Gupta says. “They might have been making six figures in their previous lives, but now they were happy just to put their skills to some use.”
Gupta turns his laptop around to show me a flowchart on his screen. “This is what we were paying $2,000 for. But this one,” he says, “was authored by one of our Turkers.” I ask how much he paid. His answer: “Five dollars.”
Qu’en conclure ? Au-delà de la nouveauté lexicale, le fait que des individus publient en ligne des contenus qui se trouvent avoir de la valeur n’est évidemment pas nouveau et c’est un phénomène que nous décrivons depuis longtemps. Cela fait également quelque temps que des médiateurs proposent de rémunérer (assez peu) ces contenus (Revver pour la vidéo, par exemple), ou encore l’apport d’expertise (Google answer par exemple). Mais les prix pratiqués par ces services sont bien souvent en-dehors de ceux du marché, déstabilisant leur équilibre. Ce modèle peut-il se généraliser et remettre en cause celui où les utilisateurs génèrent un contenu qui fonctionne en parallèle de l’économie traditionnelle, avec ses passerelles, entre bénévolat et activité économique, telles que celle qui consiste à monnayer la reconnaissance et l’expertise acquises en participant à un projet “libre”, sous forme de conseils et de services à façon ?
Dans la vision que propose Jeff Howe, semble-t-il, on franchit un seuil : celui qui consiste, pour une entreprise, à remplacer la rémunération d’un salarié ou d’un professionnel indépendant par l’achat ponctuel d’un morceau de contenu ou d’une réponse, après recherche de ce qui est disponible sur le réseau. Pour le photographe amateur ou l’expert qui répond le soir depuis chez lui, il s’agit d’argent de poche, toujours bienvenu, certes. Mais au fait : De quoi vit ledit photographe amateur ? Comment développer son expertise quand celle-ci n’est plus vraiment monnayable ?
Il reste, bien sûr, à vérifier que le “crowdsourcing” peut devenir un phénomène significatif, au-delà de quelques exemples ou de quelques niches. Mais supposons que ce soit le cas et posons-nous quelques questions : et quand tout le monde réalisera des économies en payant des clopinettes l’expertise de professionnels dispersés ou les productions d’amateurs, qui paiera ces gens-là pour qu’ils vivent, produisent, se forment, réfléchissent et consomment ? Quand toutes les entreprises réduiront leur R&D interne pour acheter l’innovation ailleurs, qui investira le temps nécessaire à la recherche, à l’essai-erreur ? Salarier quelqu’un, payer un professionnel, c’est aussi reconnaître la valeur du temps et accepter un risque - autrement dit : investir, ce qui reste l’un des fondements de l’acte d’entreprendre. Tout le monde peut-il indéfiniment externaliser le risque et l’investissement ? Il y a des économies qui peuvent finir par coûter cher…
Hubert Guillaud
- Par Matthieu Picano, le 5 juin 2006 à 8:50
Cet article est passionnant, ainsi que nombre de commentaires qui vont avec. Cet ensemble montre qu’une politique entrepreuriale de R&D mais aussi une politique d’achat ou de sous-traitance systématiquement “externalisée, au plus bas prix” ne développe que peu de sens au niveau “macro”, entre autres raisons parce que le retour sur investissement est pensé comme immédiat dans les flux d’une consommation immatérielle, instantanée et accélérée, sans vision à long terme, au niveau des entreprises comme au niveau sociétal.
J’aurais tendance à répondre à Vincent, qui se questionne sur le point de savoir si on va “assister à un découpage de nos revenus en micro-revenus correspondant à autant de micro-collaborations”, par l’affirmative.
Mais le danger qui guette une société de l’incertitude qui en découle inévitablement au niveau des individus, c’est une perte fondamentale de confiance en l’avenir économique, à laquelle on assiste déjà, perte qui fait inévitablement augmenter le sentiment d’insécurité économique global. Ce sentiment d’insécurité économique global, outre la baisse inévitable de la consommation et du crédit qu’il engendre, risque de contribuer à un repli sur soi généralisé, ou sur la cellule tribale ou familiale, où il est aisé de développer une méfiance globlale de l’Autre, identifié non pas comme un membre de la société, comme un partenaire humain, mais comme un concurrent potentiel qu’il faut éliminer si l’on veut survivre.
- Par Chris, le 6 juin 2006 à 14:25
Hello !
On peut voir le côté pessimiste des choses : le professionalisme n’existe plus, les tarifs tirés vers le bas de façon inconsidérée, etc…
On peut aussi voir le côté positif des choses : le travail collaboratif peut être plus efficace/productif/imaginatif car émulsion/confrontation d’idées avec coordination, etc…
Se pose alors la question de la juste rémunération, des droits, etc… : là c’est aux politiques de répondre, et donc aux citoyens via leur bulletin de vote !
Des révolutions il y en a eu, et il y en aura d’autres… Il y aura certainement des perdants et des gagnants, mais de façon optimiste je dirai que la société va s’adapter à ce changement d’une façon ou d’une autre. De toutes façons, si les citoyens n’ont plus de revenus, les entreprises ne pourront plus vendre, les magazines photos n’auront plus de clients, et tout le monde se fichera de savoir si c’est un photographe amateur ou professionnel qui a pris les photos, on ne les verra pas…
Suis-je trop optimiste ?
Chris
- Par Tooms4444, le 7 juin 2006 à 15:35
Bonjour à tous,
C’est bien de précarité dont il s’agit. Les technologies de l’information ont toujours visé à “casser” les compétences (ouvriers remplacés par des robots, typographes et secrétaires remplacés par des traitements de texte, opérateurs remplacés par des boîtes vocales…), et je suis bien placé pour le savoir : je suis informaticien.
Ce mécanisme à pour conséquence de niveler les prétentions économiques vers le bas, rendant chacun susceptible d’être remplacé par son voisin.
Tandis que l’écart riches/pauvres se creuse (un PDG américain gagnait 20x plus qu’un ouvrier au début des années 80, aujourd’hui c’est autour de 100x plus), on s’éloigne bien vite des utopies ou les machines devaient nous assurer une société de loisirs.
Mais comme cela a été dit, le moment où les laissés pour compte seront trop nombreux approche. Le problème étant de deviner QUI fera les frais des prochaines émeutes…
- Par Stog, le 8 juin 2006 à 12:21
Un point important non mis en évidence: sur de nombreux sujets y compris en ce qui concerne certaines compétences, la méthodologie de recherche ou la conception artistique, la “production” d’experts est passée par un travail collectif ou dans le sein d’entreprises ou de laboratoires.
La tendance décrite dans l’article, si elle se développe exagérement, va ressembler à de la culture sur brulis. Les premières années les récoltes sont bonnes, la cendre (les retraités et les licenciés économiques, les indépendants qui en veulent) sont là pour répondre. Mais où grandit et s’aguerrit la génération suivante ? Ou se fait la recherche fondamentale ? Les infrastructures de support ? La transmission du savoir faire ?
Peut-être dans des écoles et des institutions qui crowdsource leurs enseignants et leurs élèves.
- Par zoem, le 12 juin 2006 à 22:28
Excellent papier. On est confronté à ce grave problème tous les jours. Le graphiste qui s’improvise photographe, la présidente d’une association touristique qui se découvre photographe, les concours photos d’amateurs…avec comme objectif la constitution d’un stock d’images. Oui il faut se battre : mais comment sur le terrain ?
- Par 4 WW, le 13 juin 2006 à 18:21
excellent papier et commentaires c’est effectivement la précarité qui fleurira sur ce brûlis. C’est l’exploitation économique, l’intégration de ces travaux “d’amateurs/experts” dans le système libéral actuel qui est inquiétant et dangereux car ce crowdsourcing est une tendance lourde à mon avis. Car le travail collaboratif, lui, au contraire est plutôt stimulant/créatif/inépuisable si bien pensé…Il me semble que la “seule” alternative (en tout cas la plus adéquate à mon avis) possible qui permette de régler ce problème du “crowdsourcing” tout en valorisant justement ces types de travaux collaboratifs est le revenu social garanti, inconditionnel, universel, individuel, du berceau au cercueil. C’est une idée qui fait son chemin, car sans aucun dogmatisme il me semble que c’est la place du travail dans notre société capitaliste productiviste et sa valorisation qui est à repenser et qui est questionné (entre autre) par le « crowdsourcing ». Aurons-nous besoin “d’émeutes” pour le réclamer?…ça c’est une autre question mais le contraire m’étonnerait…
- Par julien, le 15 juin 2006 à 14:03
jchris a dit “Il nous a fallu tout intégrer, je remplace à moi seul aujourd’hui une dizaine d’emplois (maquettiste, compositeur, correcteur, chromiste, DA, coursier, commercial, secretaire, compta, etc.)” en fait, tout cela n’est qu’illusion puisque la fragmentation du travail est un fait relativement nouveau dans l’économie; specialisation apparaissant avec la taylorisation et la constitution des “firmes”. l’intégration toujours plus poussée de spécialistes a a) rendu aveugles les non spécialistes b) compléxifié le rapport au travail le net rend à tous la possibilité de faire tout. je trouve cela mieux. l’amateur devient professionnel, selon un processus d’apprentissage antédiluvien. après, s’il faut parler de talent, c’est une autre histoire
- Par Guy Bordessoule, le 19 juin 2006 à 17:05
Bonjour,
Passionnant débat, et vertigineuses perspectives…
Mieux que l’entreprise sans usine, l’entreprise sans salariés ! Tous à la pige ! Car c’est bien de cela qu’il s’agit: la généralisation d’un modèle que connaît déjà bien la presse, surtout la presse magazine. Et l’on en voit tous les jours les conséquences dans la prolétarisation du métier de journaliste…
La réflexion de Matthieu Picano sur la généralisation d’une société de l’incertitude, de “l’insécurité économique globale” me glace, mais me paraît malheureusement bien prémonitoire…
Cette réflexion rejoint celles d’intellectuels tels que Jean Baudrillard et Paull Virilio: une telle société ne vit plus plus que dans la hantise permanente du gigantesque accident. Une société où il n’y a plus ni statuts, ni institutions, mais des réseaux infinis d’interconnexions pourrait-elle s’effondrer d’un coup, dans une gigantesque panne générale ?
- Par nicolas, le 21 juin 2006 à 11:50
” Tous à la pige ! ”
C’est exactement le modèle préconisé par Amazon: le premier pas étant réalisé avec les fiches de lectures réalisées par les lecteurs/utilisateurs.
le second pas est Amazon Mechanical Turk qui propose aux gens de réaliser des petites taches (non automatisables par des machines et qui nécessitent un apport humain) pour de petites sommes d’argent
- Par Xav, le 23 juin 2006 à 16:03
Article très instructif.
J’y vois pour ma part une évolution générale vers la création de richesse par l’assemblage de composants plutot que par la création de ces composants.
Le mouvement est très visible dans l’informatique. Des centaines de briques sont maintenant disponibles en open source, mais juger de leur qualité ou créer une application finale composée de multiples briques reste très difficile. L’économie de l’open source est un exemple de nouvel équilibre ou la valeur est crée par l’assemblage.
Je ne crois pas à l’entreprise sans salarié. La R&D (informatique, chimique, …) ne va pas disparaitre. Elle va évoluer. Il faudra toujours des experts pour exprimer les besoins, juger les résultats et assembler les composants élémentaires et créer de nouvelles richesses. On le voit bien dans les limites et les échecs des politiques d’outsourcing. Dans l’édition, il faudra toujours des gens compétents pour assembler et intégrer les différents contenus, et en faire des revues ou des journaux intéressants.
Deux remarques plus pessimistes:
1) Vivre de la création de “composants” devient de plus en plus dur, sauf à se spécialiser sur des éléments à forte valeur ajoutée, à forte créativité ou évènementiels. Conséquence : moins de gens en vivrons.
2) Dans 10 ans, sera t’on encore capable en France d’assembler des programmes informatique, ou juger de la qualité de composants outsourcés s’ils n’y a plus personne qui aura été programmeurs avant ?
- Par Stephane Lee, le 23 juin 2006 à 20:12
La montée du CrowdSourcing…a déja son outil : Feedback2.0 Cf http://crm-reloaded.com/blog/?p=27
- Par M. Aubert, le 26 juin 2006 à 9:45
Passionnant débat!
Ne pouvons-nous pas rapprocher ce phénomène à la première vague de création de sites web: les outils étaient faciles d’utilisation, les webmasters de tous poils se sont autoproclamés informaticiens-graphistes-communicateurs, et une première génération de sites web ont été lancés … souvent pas de manière très professionnelle.
Avec le temps, le métier s’est écrémé, le meilleur est resté.
Le crowdsourcing existe effectivement déjà dans le monde des logiciels libres. La participation patchée a des projets fonctionne certes mais est limitée par un paramètre: le temps. En effet, ces micro rémunérations ne permettent pas de vivre correctement, à moins d’en faire son métier en s’installant à son compte … ce qui, d’une part ne convient pas à la majorité, d’autre part ne garantie pas la continuité aux entreprises. Je pense donc que ce phénomène restera minoritaire.
Du côté des entreprises, un équilibre va s’installer, entre appel au crowdsourcing pour des problématiques précises, et développement en interne d’une R&D de réflexion macro économique. Car c’est bien là le problème de la participation d’amateurs: cela nécessite un gros travail d’encadrement, de tri et de contrôle qualitatif.
Bref, une révolution certes, mais à laquelle nous nous adapterons comme toujours!
- Par Thierry Maillet, le 3 juillet 2006 à 11:30
Cher Monsieur,
Toutes mes félicitations pour cet excellent papier aussi clair dans sa forme que pertinent sur le fond.
Permettez-moi néanmoins d’interroger votre conclusion ?
Vous craignez à juste titre que le dévoiement de l’expertise ne conduise finalement à un appauvrissement généralisé. Je suis d’accord qu’interroger le risque est justifié mais vos hypothèses me paraissent finalement trop pessimistes.
1. Accepter de nouvelles ressources financières pour les professions intellecuelles
J’aime citer l’exemple du Professeur américain Cornell West (Tragicomique Amérique chez Payot) qui raconte que les conférences de Professeurs d’Université sont devenues payantes et les salles sont pleines. Depuis le lancement de l’Université des Savoirs en l’an 2000 le succès des Conférences ne se dément pas en France.
Pour éviter la paupérisation (le risque est réel) de ces professions (les intellectuels précaires) l’expression du savoir devient moins rémunératrice que son échange. Dans une profession que je connais un peu, les sociétés d’étude de marché, l’accompagnement du client et la validation progressive des hypothèses émises représente l’avenir par rapport aux études de marché traditionnelles qui apportaient à un instant T une vérité sur les attentes des consommateurs. La rapidité du cycle du changement a un impact évident sur ces professions.
2. Remettre en cause le processus de création de nouveaux produits
Le premier producteur de biens de consommation, l’américain Procter & Gamble annonce avoir augmenté la part des acquisitions dans son budget R&D de 15 à 50%.
Cette orientation, corroborée par les nouvelles plate-formes d’échanges on line, consolide cette interrogation qui est liée à l’interrogation initiée il y a quelques années à propos du droit d’auteur. Finalement le principal attribut de la société de consommation n’est-ce pas le droit d’auteur et la vente de marques ou de produits est son prolongement naturel. Les premiers peer to peer ont élargi leur sphère d’influence et par capillarité en viennent à remettre en cause le modèle économique de toutes les activités construites à partir du droit d’auteur et de propriété plutôt que fondé sur la richesse de l’échange.
A ce propos je me permets de vous signaler un excellent papier dans Le Monde cet hiver (note 1°) à propos de l’histoire du droit d’auteur, né au XVII° siècle pour protéger les imprimeurs puis les auteurs et qui est peut-être amené à se transformer avec l’avènement de la société digitale.
Un exemple personnel pour conclure. Je termine un livre sur le passage que je commence à entrevoir de la société de la consommation vers ce que j’ai appelé la société de la participation. L’avènement de la Génération P valorise justement la connexion et l’échange plus que la possession. L’éditeur a assis mes revenus futurs tant traditionnellement sur la vente du livre qu’un pourcentage sur les recette publicitaires à venir de la plate-forme digitale qui soutient le livre ( http://www.cluster21.com) et au sein de laquelle j’ai un blog que je dois bien sûr animer régulièrement. Mon activité intellectuelle ne s’arrête pas à la publication de mon livre mais au contraire commence avec l’accompagnement de sa diffusion. Il en va de même dans le cadre de la relation commerciale traditionnelle qui ne s’arrête plus à la vente d’un produit. Et n’est-ce pas souhaitable ? Combien de livres sortent chaque année qui ont demandé des années d’effort à leurs auteurs et qui ne resteront sur les linéaires qu’un petit mois avant d’être retourné pour finir au mieux sur les quais, au pire au pilon.
Déjà les consommateurs jugent leurs fournisseurs sur la qualité de la relation dans la durée plutôt qu’au moment de l’acte d’achat puisqu’ils y sont liés (carte de fidélité, financement, garantie, assurance perte/bris/vols, ect …). Certains verront dans la rémanence de cette relation un asservissement ou une aliénation pour reprendre le terme des années 70. J’y vois plutôt une relation naturelle dont il est aussi de plus en plus facile de s’extraire grâce à la société du don que vous évoquiez.
L’entreprise ne doit plus faire rêver, elle doit faciliter et devient concurrente grâce à ses services des offres gratuites qui ne sont pas dotées de prolongement. Le produit/service peut devenir gratuit (comme c’est déjà le cas du téléphone portable avec le forfait ou de nombreux médias) mais l’accompagnement devient payant. Les consommations immédiates diminuent et sont valorisées les relations dans le temps.
Finalement, votre interrogation légitime et particulièrement pertinente ouvre un champ d’investigation qui déborde la création intellectuelle et oblige à trouver effectivement de nouvelles modalités de rémunération. Ainsi c’est l’apprentissage qui est aussi concerné puisque l’éducation étant fondée sur l’idée de droit de propriété individuelle et de droit d’auteur. Si celui venait à être interrogé, l’enseignement devra apporter sa contribution.
La création collective devient-elle crédible ou est-ce un phénomène passager ?
Comment s’y préparer si cela venait à être le cas ?
Question aussi intéressante que complexe.
Bien à vous,
Thierry Maillet
+ 33 1 46 34 01 28. Mobile + 33 6 07 21 70 35
skype: thierrymaillet. http://mailletonmarketing.typepad.com/
NB : vous trouverez aussi mon commentaire sur mon blog et je serai ravi de poursuivre cet échange
Note 1 :
ROGER CHARTIER « Le droit d’auteur est-il une parenthèse dans l’histoire ? »
Article publié le 18 Décembre 2005
Propos recueillis Nathaniel Herzberg
Source : LE MONDE
Taille de l’article : 1425 mots
Extrait : L’historien du livre rappelle la naissance au XVIIIe siècle de la propriété littéraire et artistique. Deux siècles plus tard, les technologies numériques et Internet facilitent la reproduction, mais aussi la transformation des oeuvres, au point que la notion même d’auteur tend à s’effacer. Une réflexion juridique et intellectuelle s’impose. Le droit d’auteur apparaît aujourd’hui comme une évidence. Mais comment s’est-il imposé ? La première véritable législation en France est la législation révolutionnaire de 1791, reprise en 1 793. C’est un compromis qui traduit la préhistoire de la propriété littéraire.
- Par Laurence Allard, le 16 juillet 2006 à 20:27
Pour info et pour enrichir la panoplie des oversourcrowdeurs français cf la comparaison entre “open source” et “agile methodologies” extraite de l’ouvrage de Ron Goldman and Richard P. Gabriel , Innovation Happens Elsewhere, publié sous Creative Commons (tiens un grand absent de nos débats franco français) cf http://dreamsongs.com/IHE/IHE-28.html#47470
Characterisitics of people who participate in online communities
Sharing Economies
December 7, 2006
1 c | 1 t
by Marshall Sponder
Research has been published by Attention Company of the attitudes of people who participate in online communities; I did a post on this at WebMetricsGuru tonight.
The main findings of the report were that people who are “Out There” are more likely to:
Value fame as an “asset” Willing to share certain types of sensitive information on the web Believe it is appropriate to criticize their organizations on the web Believe that “organizations need to be more transparent to succeed” Believe “there’s no harm in openly discussing the work I do inside my organization with others” The report concludes that "Out There" people are potential saviors of companies, because they are the people who are going to help companies succeed. "Out There" people are characterized as:
Fast followers
More flexible
Open communicators
Aspire to greatness
Looking for new, innovative ideas
In short – your future leaders





